Quand les neurosciences rejoignent les sciences de l’éducation

Les propos de Stanislas Dehaene de l’École des Neurosciences de Paris Île-de-France rapportés dans cet article démontrent de quelle manière on peut tirer profit de ce que révèle les neurosciences pour bonifier les pratiques scolaires.

Wonder Season at the Barbican by Wellcome Trust, on Flickr

S’il fallait ne retenir qu’une seule découverte majeure pour ces dix dernières années en sciences cognitives, explique le professeur Dehaene, c’est que le cerveau est très organisé dès la naissance.

L’exemple de la lecture

L’apprentissage de la lecture active une région spécifique du cerveau. Cette « zone de la lecture » recycle un algorithme  préexistant, celui de la reconnaissance des visages. Dehaene note cependant que ce recyclage n’est pas une simple réutilisation; il se produit une réorganisation des algorithmes.D’une reconnaissance des visages, elle passe à une reconnaissance des lettres et des mots.

Des découvertes comme celles-ci permettent de rejoindre et d’étayer les sciences de l’éducation. Il n’est pas étonnant que la « méthode globale » d’apprentissage de la lecture soit condamnée à ne pas bien fonctionner. En effet, demander à un enfant de reconnaître un mot entier et non ses composantes autonomes est insensé lorsqu’on sait que le cerveau travaille justement sur ces segments, à commencer par les lettres, quand il mobilise ses algorithmes de reconnaissance des visages.

Les quatre piliers de l’éducation

Le professeur Dehaene présente les quatre facteurs principaux de réussite d’un apprentissage tels qu’identifiés par les sciences cognitives: l’attention, l’engagement actif, le retour d’information, et la consolidation.

1. L’attention, un filtre qu’il faut savoir captiver et canaliser

Dans l’article, le lecteur est amené à visionner une capsule lui permettant de se rendre compte à quel point son attention est sélective. Réalisant que l’attention doit éliminer pour se concentrer, l’internaute comprend alors la justesse profonde du terme concentration. L’auteur défini ensuite les trois systèmes attentionnels qui composent le processus attentionnel: l’alerte, l’orientation et le contrôle exécutif.

2. L’engagement actif

Dehaene explique que de rendre les conditions d’apprentissage raisonnablement plus difficiles va paradoxalement aboutir à un surcroît d’engagement et un effort cognitif, synonymes de meilleure attention.

[L’intérêt au service de l’apprentissage]

3. Le retour de l’information

Le professeur rassure le lecteur en affirmant que l’erreur est non-seulement humaine, mais indispensable. En effet, comme ce sont les signaux d’erreur qui permettent d’ajuster les prédictions, l’apprentissage ne peut se déclencher que s’il y a un retour d’expérience. Pour dépasser l’erreur et parvenir au succès, Dehaene suggère le renforcement social: une approbation, une validation, un encouragement.

4. La consolidation des acquis

Point culminant d’un apprentissage, l’enjeu est ici d’accomplir le transfert de l’explicite vers l’implicite. Progressivement, en se transférant vers des réseaux non conscients, plus rapides et plus efficaces, le cerveau parvient à une automatisation.

À la lumière de ces découvertes, Dehaene conclut que « l’école se doit de fournir à la merveilleuse machine humaine un environnement structuré, enrichi, exigeant – tout en étant accueillante, généreuse et stratégiquement tolérante à l’erreur.

[Consulter l’article]

 

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Dernière modification : 16 janvier 2015.

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