Une situation socioprofessionnelle inquiétante : les enseignants sous pression

Steaming kettle - IMG_1779-Edit.jpg by Dhammika Heenpella / Images of Sri Lanka, on Flickr

« Assurer la réussite scolaire de tous, compenser les difficultés d’apprentissage, intégrer les élèves de diverses cultures dans un curriculum commun, éviter les conflits et éliminer la violence en salle de classe, instruire, éduquer et qualifier les élèves, coopérer avec leurs collègues, collaborer avec les autres agents scolaires et les parents, utiliser les nouvelles technologies et démontrer des compétences transversales dans plusieurs matières scolaires, faire preuve de vertus éthiques, promouvoir de nouvelles valeurs communautaires comme l’écologie, le multiculturalisme, […] »

Bref, ce qu’on exige aujourd’hui des enseignants a peu de choses à voir avec ce qu’on exigeait d’eux il y a encore à peine une trentaine d’années.

Maurice Tardif de l’Université de Montréal, membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), présente dans ce texte une vue d’ensemble de la situation socioprofessionnelle des enseignants canadiens des écoles primaires et secondaires publiques.

L’importance du personnel enseignant

Monsieur Tardif mentionne entre autres que « les enseignants de l’école publique constituent de nos jours, et de loin, le plus important groupe de travailleurs disposant d’une formation universitaire au Canada.  » Il informe qu’en 2012, Statistique Canada estimait à 1 172 300 le nombre total d’employés et de travailleurs engagés dans le secteur éducatif.

Les forces de changement

Dans un second temps, le chercheur montre comment la profession d’enseignant est soumise aujourd’hui à des forces de changement sans précédent issues des transformations récentes qui caractérisent l’environnement social des écoles et des élèves.

On apprend ainsi que l’expansion extraordinaire des connaissances, le foisonnement des technologies de la communication, la transformation des structures familiales, le pluralisme culturel, le relativisme éthique et les mutations du marché de l’emploi constituent quelques-uns des principaux changements sociaux qui affectent l’éducation actuelle.

L’auteur souligne que malgré ces conditions difficiles, la société canadienne et les gouvernements provinciaux mettent les enseignants sous pression et les confrontent à des exigences de plus en plus lourdes et complexes à satisfaire.

Tardif précise que leur travail s’est également intensifié ces dernières décennies en termes de charge mentale et émotionnelle. Il affirme que les enseignants d’aujourd’hui ne peuvent plus uniquement posséder des connaissances disciplinaires et de bonnes stratégies pour gérer les élèves turbulents :

« Les limites traditionnelles de leur travail sont en train d’éclater, ils doivent non seulement enseigner et faire apprendre comme par le passé, mais aussi assumer auprès de leurs élèves des rôles de substitut parental, de policier, de psychologue, d’ami, de guide de vie, de surveillant. »

Le poids grandissant de l’économie

Dans un troisième temps, l’auteur met en évidence le poids grandissant de l’économie dans la définition des missions à la base du travail des enseignants.

Tardif informe que les pressions auxquelles est confronté l’enseignement découlent aussi des réformes et des politiques éducatives qui tendent, depuis une trentaine d’années, à considérer l’école publique obligatoire comme un instrument au service du développement économique.

À la lumière de ces constats, Tardif s’inquiète : « Cette longue litanie d’exigences n’est-elle pas en train de faire de l’enseignement un métier impossible, qui laisse épuisés et insatisfaits ceux et celles qui s’efforcent tant bien que mal de le réaliser? »

[Accédez au rapport]

 

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Dernière modification : 2 juin 2017.

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2 commentaires

  1. […] Assurer la réussite scolaire de tous, compenser les difficultés d’apprentissage, intégrer les élèves de diverses cultures dans un curriculum commun, éviter les conflits et éliminer la violence en salle de classe, instruire, éduquer et qualifier les…  […]

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  2. Par OKE Gilbert Jeremie le 14 décembre 2013 à 8:28

    bien réfléchi

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