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Lire sans comprendre : un réel trouble de la lecture

dyslexia by SiSter PhotograPher, on Flickr

Le décodage des lettres et la prononciation des mots ne suffisent pas pour affirmer qu’un individu sait lire. Pour véritablement « lire », il est essentiel d’accéder au sens des mots lus.

Mais un trouble de compréhension est difficile à déceler chez les gens qui lisent de manière fluide. C’est la raison pour laquelle le Trouble spécifique de la compréhension en lecture (S-RCD en anglais) passe souvent inaperçu chez les jeunes lecteurs, bien qu’il soit répandu (3 à 10% des enfants qui décodent avec aisance ne comprennent pas l’essentiel de ce qu’ils lisent).En effet, le S-RCD est généralement repéré alors qu’il a déjà entravé les processus d’apprentissage.
 

Un trouble peu examiné

Ce déficit n’est pas à confondre avec la dyslexie, le trouble de l’identification des mots écrits qui est l’un des troubles d’apprentissage les mieux explorés. À l’opposé, peu d’études ont examiné le profil neurobiologique des individus qui présentent cet important déficit de compréhension bien qu’ils déchiffrent adéquatement les signes langagiers.

Une équipe de chercheurs du Collège de l’éducation et du développement humain de l’Université de Vanderbilt en collaboration avec L’École de médecine John Hopkins s’est intéressée à la question. Les chercheurs ont comparé les habiletés en lecture de trois groupes : des enfants atteints du trouble spécifique de la compréhension, des jeunes dyslexiques ainsi que des lecteurs au développement normal.

On the platform, reading by moriza, on Flickr

 

Quelques résultats

Les résultats de cette étude où les chercheurs ont examiné le niveau d’oxygénation du sang en réponse à des mots variant en fréquence ont récemment été publiés dans le journal Brain Connectivity puis rapportés dans cet article.

En somme, l’imagerie cérébrale des enfants atteints de ce trouble de compréhension révèle que leur cerveau ne fonctionne pas de la même manière que celui des dyslexiques, comme l’indique la chercheuse principale Laurie Cutting :

« Il est probable que ces individus aient une tout autre signature neurobiologique associée à leur façon de lire et que celle-ci ne soit pas efficace pour soutenir la compréhension (traduction libre). »

Ultimement, les chercheurs veulent identifier les différents processus cognitifs qui soutendent la lecture. Ils souhaitent comprendre à quel type de difficulté vient en aide chacun des systèmes et trouver une façon de les isoler.

[Consultez l’article]

 

Creative Commons Attribution 2.0 Generic License by SiSter PhotograPher and moriza

Dernière modification : 6 février 2015.

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4 commentaires

  1. [...] Le décodage des lettres et la prononciation des mots ne suffisent pas pour affirmer qu’un individu sait lire. Pour véritablement « lire », il est essentiel d’accéder au sens des mots lus.  [...]

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  2. Par Pascale Durocher le 8 avril 2015 à 11:47

    Le 8 avril 2015

    Bonjour Monsieur Bruno Hébert,

    C’est intéressant de voir qu’on s’intéresse de plus en plus à la compréhension !

    J’aimerais ajouter quelques commentaires …

    Il se peut aussi que ces jeunes aient un trouble de traitement auditif (TTA), ou un trouble primaire du langage (dysphasie). la prévalence de la dysphasie oscillerait entre 7,4 % (Tomblin et al.) et 9,4 % (Thordattir et al.); c,est énorme.

    De plus, la très grande majorité des enfants avec dysphasie n’ont pas de code 34 en milieu scolaire (près de 90% n’en n’auraient pas_ et se retrouveraient en classes ordinaires).

    Près de la moitié des enfants avec trouble de traitement auraient aussi une dysphasie ou une dyslexie associée (Colloque 2013 de l’AQETA, par Mojgan Owliaey audiologiste à I’Institut Raymond Dewar).

    Les jeunes avec TTA ou dysphasie ont des difficultés à l’oral, difficultés qui ont évidemment des répercussions à l’écrit (lecture et-ou écriture).

    Ces jeunes ont souvent des troubles de mémoire (de travail, de mémoire procédural, séquentielle) et/ou des troubles de compréhension à l’oral, en particulier pour les phrases longues ou complexes. De plus, un certain % des jeunes ont aussi un TDAH.

    Les répercussions des troubles de langage oral sont parfois minimisées et il ne faut pas les oublier lors d’études sur les difficultés d’apprentissage à l’écrit.

    D’ailleurs, les liens entre les troubles de l’oral et de l’écrit sont de plus en plus documentés. Il y aurait aussi des liens entre les divers troubles (dyslexie, dysphasie, trouble de traitement auditif).

    Merci et
    bonne journée,

    P. Durocher

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  3. Bonjour Madame Durocher,

    Merci pour ce commentaire et toutes les nuances qu’il apporte. Il sera sans aucun doute utile pour tous nos futurs lecteurs.

    Je vous remercie de suivre nos activités!
    Bruno Hubert, chargé de la veille et du RIRE

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  4. Par Pascale Durocher le 6 mai 2015 à 15:56

    Bonjour,

    Correction: « Près de la moitié des enfants avec trouble de traitement auraient aussi une dysphasie ou une dyslexie associée » devrait se lire:
    Près de la moitié des enfants avec trouble de traitement AUDITIF (TTA) auraient aussi une dysphasie ou une dyslexie associée

    merci (PD)

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