La réécriture accompagnée : une démarche didactique efficace

 

images (3)Pour notre dossier de mars, la chercheuse Michèle Prince du Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) nous propose un article sur une démarche de réécriture qui a été expérimentée auprès d’élèves du secondaire.

La réécriture accompagnée : une démarche didactique efficace

par Michèle Prince Ph.D, chercheuse au CRIRES

La démarche présentée ci-dessous, comme la recherche menée à son sujet, s’appuie sur un cadre théorique multiréférentiel, résolument socioconstructiviste. C’est une innovation construite selon une démarche réflexive. Elle propose aux enseignants de français langue première une démarche globale d’enseignement de l’écriture de textes, cohérente avec les programmes du Québec.

Présentation de la démarche

La démarche de « réécriture accompagnée » est fondée sur trois grandes théories : une théorie du texte, une théorie de l’apprentissage et une théorie de l’évaluation. Elle se réfère à un postulat de base : l’apprenant est l’acteur principal de son apprentissage. Ceci entraine une position épistémologique de l’enseignant-médiateur : il n’est plus un dispensateur de savoir, mais un accompagnateur d’apprentissage. La réécriture accompagnée poursuit ainsi un double objectif : au plan de l’apprentissage, elle vise à améliorer la compétence en écriture et la maitrise de l’écrit; au plan du développement de la personne, à contribuer à l’évolution des capacités cognitives des apprenants.

Cadre général

La réécriture accompagnée s’actualise dans une séquence didactique finalisée par un modèle didactique de genre. Cette séquence va d’une production initiale à sa réécriture et permet d’inclure toutes les interventions didactiques dans un ensemble cohérent. Les modalités d’intervention y sont variées.

La séquence comporte quatre étapes immuables (mise en situation, production initiale, processus d’évaluation, réécriture) et des ateliers différenciés, conçus en fonction du groupe d’apprenants et de ses besoins.

Quatre étapes et des ateliers

La mise en situation permet une approche du genre, par la lecture et l’analyse critiques d’un ou de plusieurs textes du genre à l’étude. Puis les apprenants construisent de façon inductive, à partir des éléments repérés dans les textes étudiés, un outil référentiel commun : la fiche critériée. Celle-ci comporte deux types de critères : des critères de réalisation, centrés sur l’action du sujet, qui sont le plus souvent les procédures nécessaires à la réussite d’un texte du genre à l’étude, et des indices de réussite, centrés sur le produit, qui sont des choix langagiers possibles, mais non obligatoires, repérés dans les textes étudiés. La mise en situation effectue ainsi un double mouvement de contextualisation-décontextualisation.

La production initiale comporte également deux temps : une recontextualisation par l’analyse de la consigne et une première écriture individuelle, guidée par la fiche critériée.

Le processus d’évaluation combine trois dispositifs, de façon variable selon le contexte, dont le support est toujours la fiche critériée :

  • une coévaluation en dyades où chacun lit et commente le texte de l’autre; ces dyades sont construites par l’enseignante de façon déséquilibrée pour favoriser le conflit cognitif et la médiation;
  • l’analyse collective, inspirée des ateliers d’écriture, de quelques productions représentatives; le groupe-classe agit alors comme une communauté de lecteurs et l’animation de cette séance nécessite des précautions méthodologiques;
  • une séance instituée d’autoévaluation critère par critère, qui provoque une prise de distance réflexive par rapport à son écrit; ce travail s’appuie sur la théorie de la prise de conscience et celle du langage comme outil de conceptualisation. Cette autoévaluation est écrite par chaque scripteur sur une fiche spécialement conçue à cet effet.

La réécriture enfin, étape ultime de la séquence, permet, après un dernier dialogue évaluateur, la reprise raisonnée du texte initial.

[Lire la suite de l’article]

Sur l’enseignement et l’apprentissage de l’écriture

La réussite en français chez les élèves québécois (RIRE)

Ce texte se veut un outil de compréhension face aux enjeux que représente l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Nous présenterons une description sommaire des recherches récentes et des pratiques innovantes sur le sujet avant de conclure sur des pistes supplémentaires qui vous permettront d’approfondir le thème de la réussite grâce à des publications, des sites web et documents vidéo. Ce texte est uniquement documenté à partir de travaux et recherches menés en français.

[Aller au dossier]

Le blogue et l’écriture (RIRE)

Le chercheur Stéphane Allaire, spécialiste des communautés d’apprentissage, et son équipe de l’Université du Québec à Chicoutimi signent un article dans lequel ils présentent les résultats d’une étude menée dans le cadre d’un projet de recherche ciblé en écriture.

[Lire l’article]

La lecture et l’écriture : pour que les garçons s’y intéressent (Coeur&action)

De 2002 à 2007, un projet de recherche-action a été expérimenté à la Commission scolaire des Phares en collaboration avec deux professeurs-chercheurs de l’Université du Québec à Rimouski. Leur but était d’aider les garçons, particulièrement ceux des milieux défavorisés, à améliorer leur performance en lecture et en écriture et, ultimement, de leur permettre de mieux réussir à l’école.

[Consulter la fiche]

Enseigner la littérature au secondaire et au collégial (RIRE)

L’ouvrage Enseigner la littérature au secondaire et au collégial : une démarche stratégique présente une démarche reposant sur le principe que l’élève doit construire lui-même son interprétation d’une œuvre littéraire en lecture, en interaction avec les autres et avec le guidage de l’enseignant. Elle offre un cadre qui permet aux enseignants du secondaire et du collégial de concevoir de multiples scénarios pédagogiques convenant à toutes les œuvres littéraires, quel qu’en soit le genre, le degré de légitimité, la longueur, l’origine ou la complexité.

[Consulter la fiche]


Consultez les marque-pages du RIRE pour trouver d’autre information sur l’enseignement et l’apprentissage de l’écriture.

Dernière modification : 8 janvier 2015.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (2 votes, moyenne: 3,00 sur 5)

Un commentaire

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)