Décalage entre l’apprentissage en suivant des consignes directes et l’exploration indépendante.

téléchargement (31)Texte traduit et adapté de Don’t show, don’t tell?, publié sur le site de MIT news le 30 juin 2011.

Un groupe de chercheurs du MIT et quelques collègues ont observé la réaction et le comportement d’enfants recevant un nouveau jouet. Ce dernier leur était présenté selon l’une des quatre méthodes choisies pour l’expérience. L’étude met en relief les résultats de cette observation comparative du comportement. Il est possible de relever des différences de réactions entre les enfants à qui on a présenté le jouet avec des consignes d’utilisation et les autres enfants.

L’expérience

Comme l’enseignement vise le développement rapide et efficace de compétences chez les élèves, il est naturel que l’enseignant accompagne la présentation de la nouvelle matière d’explications et d’instructions. Le risque demeure cependant que cette méthode mène les enfants à croire qu’en s’exécutant selon les conseils de leur enseignant, ils auront appris tout ce qu’il y a à savoir. Les chercheurs ont donc étudié ce phénomène en présentant un jouet à plusieurs enfants selon quatre méthodes différentes : pédagogique, interrompue, naïve et de base.

Le jouet avait quatre fonctions différentes (tirer sur un cylindre jaune pour faire du bruit, appuyer sur un bouton pour qu’un cylindre bleu s’illumine, etc.). L’adulte qui présentait le jouet à l’enfant observé suivait l’une ou l’autre des méthodes présentées plus tôt :

  • pédagogique : présenter le jouet et faire une démonstration de la fonction du cylindre jaune deux fois en mentionnant que c’est de cette manière que fonctionne le jouet (aucune mention des autres fonctions).
  • interrompue : présenter le jouet et faire une démonstration de la fonction du cylindre jaune, puis simuler un oubli majeur en disant devoir s’absenter de la pièce un moment et sortir.
  • naïve : simuler la découverte du jouet et la surprise devant la découverte de la fonction du cylindre jaune par accident. Demander à l’enfant s’il a bien vu la manœuvre et répéter l’action avec le cylindre jaune avec surprise.
  • de base : présenter le jouer et le déposer sur la table sans présenter aucune des quatre fonctions.

Après la présentation du jouet, l’adulte laissait l’enfant jouer seul avec l’objet et les chercheurs observaient la suite des choses.

L’étude ne se prétend cependant pas contre l’enseignement. Elle prône une plus grande indépendance des enfants dans leur apprentissage.

Les résultats

Plusieurs enfants faisant partie de ceux qui ont reçu des consignes claires concernant l’utilisation du jouet n’ont pas exploré l’objet au-delà de la fonction qui leur avait été présentée. Les enfants ayant découvert le jouet selon l’une des trois autres méthodes ont en général apprivoisé une ou deux fonctions supplémentaires alors que ces dernières ne leur avaient pas été présentées. En voyant l’adulte faire la démonstration, l’enfant se dit que si c’est ce que l’adulte lui enseigne, c’est sans doute tout ce qu’il y a d’important à savoir à propos du jouet. Les résultats suggèrent donc que les élèves sont très sensibles aux subtilités des scénarios pédagogiques. Ainsi, il est possible de constater que ce n’est pas l’enseignement de la fonction en lui-même qui importe, mais bien la manière utilisée pour l’enseigner. Les chercheurs précisent que d’admettre que ce qui semble vrai aujourd’hui puisse connaitre une évolution future laisserait davantage de chances aux élèves d’être ouverts à de nouvelles possibilités.

L’étude ne se prétend cependant pas contre l’enseignement. Elle prône une plus grande indépendance des enfants dans leur apprentissage, lorsque la matière le permet.

Pour consulter l’article, cliquez ici.

Dernière modification : 26 février 2016.

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Un commentaire

  1. […] du MIT qui conforte les pédagogies non directives« , et  propose un lien vers un résumé de l’étude sur le site du RIRE (d’où le titre de ce […]

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