Texte traduit et adapté de How Beliefs Shape Effort and Learning, publié sur le site de Association for Psychological Science le 15 avril 2011
David B. Miele de l’Université de Columbia (États-Unis) a mené une étude qui suggère que les individus ayant des croyances différentes sur la nature de l’intelligence ont tendance à définir différemment l’apprentissage. Ses résultats sont publiés dans Psychological Science.
On sait depuis longtemps que certaines croyances ont un impact sur le degré de motivation à apprendre. Selon Miele, ces croyances se divisent en deux principaux groupes.
D’abord, certaines personnes adhèrent à la théorie de l’individu (entity theorists). Cette théorie veut qu’un individu soit doté d’un niveau d’intelligence prédéterminé et qu’aucun effort ne pourrait y changer quoi que ce soit. En situation d’apprentissage, ces personnes ont tendance à abandonner rapidement puisqu’elles ne se sentent pas réellement capables d’apprendre des choses difficiles. Quant à ceux qui adhèrent plutôt à la théorie de l’amélioration (incremental theorists), ils estiment que l’intelligence peut être modelée et que le fait de consacrer temps et efforts mènera à de meilleurs apprentissages.
Afin de mesurer les effets de ces croyances sur l’apprentissage, les chercheurs ont demandé à 75 anglophones d’apprendre 54 mots indonésiens. Après avoir étudié ces mots aussi longtemps qu’ils le souhaitaient, les participants devaient dire jusqu’à quel point ils étaient sûrs de pouvoir se les rappeler lors d’un test de mémoire. Ils étaient ensuite soumis à un test. Finalement, ils ont rempli un questionnaire sur leurs croyances par rapport à l’intelligence.
L’étude a montré que les participants qui exprimaient l’idée que l’intelligence est prédéterminée s’attendaient à des résultats plus faibles que ceux qu’ils ont eus lors du test. À l’opposé, les participants qui pensaient que l’intelligence est malléable et que l’effort améliore la performance avaient des attentes trop élevées par rapport aux résultats obtenus. Cet écart de confiance selon les croyances montre que l’idée que nous avons de la nature de l’intelligence influence la perception que nous avons de nos capacités d’apprentissage.
Mais laquelle de ces théories est la plus juste? L’intelligence est-elle prédéterminée ou peut se modeler? Miele pense que la vérité se situe quelque part entre les deux. Optimiste, le chercheur rappelle qu’il y a certes des limitations chez chaque individu, mais que les efforts mènent toujours à une certaine amélioration.
David B. Miele, Bridgid Finn and Daniel C. Molden (2011). Does Easily Learned Mean Easily Remembered? It Depends on Your Beliefs About Intelligence. Psychological Science, vol. 22, no 3 (mars), p. 320-324 doi: 10.1177/0956797610397954





Tweet