Les jeunes qui se perçoivent comme des parias sont plus susceptibles d’avoir des comportements violents

téléchargement (12)Texte traduit et adapté de Alienated Youths Are More Likely to Lash Out, publié sur le site de l’Association for Psychological Science le 8 octobre 2010.
Des chercheurs des Pays-Bas ont trouvé que certains jeunes sont plus susceptibles d’adopter des comportements violents en réaction au rejet répétitif, particulièrement ceux qui se perçoivent déjà comme des parias. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Psychological Science.

« Le sujet de cette recherche a été inspiré par les fusillades en milieu scolaire. Je me demandais quelle pourrait être la caractéristique commune la plus importante chez ces jeunes, explique Albert Reijntjes de l’Université d’Utrecht, qui a coécrit l’étude avec cinq autres chercheurs en psychologie. En discutant avec des collègues, le concept d’aliénation a surgi : l’aliénation accroit peut-être l’agressivité. »

Il pourrait être utile d’identifier les enfants qui se sentent aliénés et de concevoir des interventions qui les aideraient à sentir qu’ils font partie du groupe.

Pour cette étude, les chercheurs ont suivi 121 élèves néerlandais de 10 à 13 ans. Ils ont demandé à chaque élève de participer à une fausse compétition en ligne appelée « Survivor ». Chaque jeune a complété son profil personnel accompagné d’une photo. Ensuite, les jeunes ont pris connaissance des rétroactions et des commentaires fictifs qu’ils ont reçus de huit pseudojuges qu’on leur a présentés comme des enfants en provenance d’une autre école. Certains des enfants ont reçu des commentaires plutôt positifs, d’autres des commentaires surtout négatifs comme: « Cette personne n’a pas l’air amusante. Je ne voudrais pas passer du temps avec elle. » Au terme de l’activité, l’enfant pouvait rémunérer chaque juge et lui adresser un commentaire.

Les chercheurs ont observé que les élèves qui ont été rejetés sont plus susceptibles d’agir de manière agressive envers leurs juges, en reprenant leur argent ou en écrivant des commentaires du genre « Cette personne est grosse et sans intérêt ». Ces élèves sont encore plus agressifs quand ils ont obtenu un score d’aliénation élevé en répondant par l’affirmative à des questions telles que: « Presque personne que je connais n’est intéressé à savoir comment je me sens vraiment à l’intérieur. »

L’expérience s’est terminée par une séance d’information pendant laquelle les chercheurs ont révélé que les juges et leurs commentaires désobligeants étaient faux. Pour boucler la boucle, « nous sommes revenus longuement sur l’activité et sur comment elle constitue une expérience sociale positive. Nous offrons aussi un cadeau à chaque enfant, souligne Reijntjes. Jusqu’ici, cette façon de clore l’expérience a toujours permis d’éviter que des enfants pleurent. »

« Les jeunes qui se sentent comme des parias ont plus de chances de s’en prendre agressivement aux autres quand ils sont confrontés à de mauvaises expériences avec leurs pairs, dit Reijntjes. Bien que nous ayons observé des agressions « normales » dans notre échantillon, les résultats mettent en lumière les facteurs liés aux agressions plus dramatiques comme les fusillades en milieu scolaire. Peut-être qu’aider les enfants à ne pas se sentir comme des parias fait partie de la solution. Il pourrait être utile d’identifier les enfants qui se sentent aliénés et de concevoir des interventions qui les aideraient à sentir qu’ils font partie du groupe. »
Albert Reijntjes, Sander Thomaes, Brad J. Bushman, Paul A. Boelen, Bram Orobio de Castro, et Michael J. Telch (2010). The Outcast-Lash-Out Effect in Youth: Alienation Increases Aggression Following Peer Rejection. Psychological Science (octobre 2010), p. 1394-1398 [résumé en ligne].

Dernière modification : 7 décembre 2014.

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