Les enfants construisent leur genre au quotidien à la maternelle

téléchargement (15)Texte traduit et adapté de Have you ever seen a pink Batman?, publié sur le site de l’Université de Guthenburg le 14 septembre 2010.
Une étude suédoise a révélé que le genre des enfants se construit au cours des activités quotidiennes à la maternelle. L’étude a également montré que les stéréotypes sexuels orientent la planification des activités préscolaires.

La chercheuse Anette Hellman a étudié comment le genre se construit chez les enfants d’âge préscolaire. Sa recherche prenait pour point de départ que la construction du genre résulte de processus sociaux. Son étude montre comment les différentes normes intègrent progressivement l’identité sexuelle des enfants.

Compris et visibles

Cette étude montre que certains des comportements des enfants peuvent être classés comme étant soit « typiquement fille » ou « typiquement garçons » et considérés comme plus appropriés que d’autres. Lorsque les enfants adoptent des comportements « typiquement fille » ou « typiquement garçons », ils veulent être compris et se rendre visibles en tant que représentants de leur sexe.

« Les idées reçues sur les différences naturelles entre les sexes sont souvent involontairement imbriquées dans la routine et les activités à la maternelle, explique Hellman. Les stéréotypes de genre sont souvent exacerbés par des situations stressantes, comme les repas et les rassemblements. »

L’étude montre que « les garçons typiques » sont toujours pris en compte dans la planification des enseignants, dans la manière dont ils répartissent les groupes et dans leurs conversations avec les enfants et entre eux.

Socialement désirables et compétents

Cela ne veut pas dire qu’un comportement « typiquement garçon » confère à l’enfant un statut supérieur à l’école maternelle et le rend désirable socialement. Pendant les activités de tous les jours en grand groupe à une époque individualiste, les enfants désirables et socialement compétents sont plutôt empathiques, démocratiques et en contrôle d’eux-mêmes.

Hellman montre comment les garçons qui ne sont pas conformes à la norme du « typiquement garçon » (agressivité, domination et manque de maîtrise de soi) passent inaperçus à l’école maternelle.

C’est le cas, par exemple, pour les garçons qui évitent les conflits, qui ont des amis filles et garçons et qui peuvent jouer avec des objets et à des endroits qui sont généralement associés aux filles. Cette perception s’applique également aux garçons calmes et réservés. Les filles qui ont des comportements perturbateurs ne sont, à leur tour, ni remarquées ni écoutées par leurs pairs de la même manière que les garçons qui adoptent cette attitude.

Modèles stéréotypés

L’étude montre que « les garçons typiques » sont toujours pris en compte dans la planification des enseignants, dans la manière dont ils répartissent les groupes et dans leurs conversations avec les enfants et entre eux. Les enseignants tentent de les calmer en fractionnant les groupes et en évitant les activités trop associées aux filles comme la danse.

« L’enseignement à la maternelle a le mandat spécifique de lutter contre les stéréotypes sexuels, explique Hellman. Les enfants testent, reproduisent et remettent en question les normes qui leur sont présentées à plusieurs reprises. Mais, aux yeux des enfants, les normes qui définissent les genres ont bien peu d’importance. »
[L’article intégral en suédois est disponible ici]

Dernière modification : 26 février 2016.

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