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Une nouvelle étude révèle que la compétition augmente le risque de recourir à la tricherie

téléchargement (2)Texte traduit et adapté de Does greater competition improve performance or increase cheating?, publié sur le site Research Digest Blog le 21 juin.

Des chercheuses allemandes ont découvert que la compétitivité accroit plus le risque de tricher que l’obtention de meilleures performances. Elles ont observé que de la soixantaine d’étudiants qui ont participé à l’étude, les femmes soumises à un niveau de compétitivité élevé étaient plus susceptibles de tricher que leurs homologues masculins dans le même contexte. Pourquoi?
Christiane Schwieren et Doris Weichselbaumer ont demandé à une 65 étudiants (33 hommes et 32 femmes) répartis en deux groupes de jouer à un jeu virtuel qui consiste à trouver l’issue de labyrinthes. Les sujets du premier groupe étaient recevaient une récompense en argent en fonction du nombre de labyrinthes réussis. Dans le second groupe « hautement compétitif » subdivisé en sous-groupes de 6 sujets, seuls les meilleurs joueurs de chaque sous-groupe ont été payés pour leur performance.

Les étudiants du groupe « très compétitif » ont retroussé leurs manches, aiguisé leur regard et se sont concentrés pour mieux… tricher! De fait, les sujets du groupe compétitif n’ont pas résolu plus de labyrinthes que ceux du groupe témoins, mais ils ont été cependant plus nombreux à tricher, dont particulièrement les femmes.

Globalement dans les deux groupes, les chercheurs n’ont noté aucune différence entre les hommes et les femmes quant à la quantité de stratégies frauduleuses utilisées par les sujets. Par contre, les femmes ont été plus nombreuses à tricher lorsqu’elles étaient soumises à une compétitivité intense.

Un lien entre les sous-performances et la tricherie

Pour savoir si ces résultats étaient influencés par le sexe des sujets, Schwieren et Weichselbaumer ont analysé en profondeur leurs résultats. La compétition a accru la tricherie particulièrement chez les joueurs moins performants et, pour cette étude, ces joueurs étaient des femmes.

Comment les chercheuses ont-elles pu mesurer la tricherie? Après un bref réchauffement, les étudiants ont été invités à parcourir des labyrinthes virtuels dont le niveau de difficulté était plus élevé, mais ces derniers avaient aussi l’option de contourner cette règle en passant à un niveau inférieur. Le jeu donnait également la possibilité au joueur de cliquer sur un bouton pour être guidé à travers la recherche de l’issue du labyrinthe. De plus, les étudiants étaient libres de mentir à la fin du jeu en écrivant sur leur feuille de pointage le nombre de labyrinthes qu’ils avaient résolus.

Avant l’expérimentation, les chercheurs ont installé un programme-espion sur les ordinateurs utilisés par les participants pour épier toutes leurs actions.

« Il s’avère que les personnes qui sont moins en mesure de remplir la mission assignée ne sont pas seulement plus à risque de tricher, mais elles ont aussi triché de plusieurs façons différentes, soulignent les chercheurs. Il semble que les participants les moins performants se sentent en droit de tricher dans un système qui ne leur donne pas toutes les chances légitimes de réussir ou tentent de “sauver leur face” afin d’éviter l’embarras que leur procurerait une mauvaise performance. »
Schwieren, C., & Weichselbaumer, D. (2010). Does competition enhance performance or cheating? A laboratory experiment. Journal of Economic Psychology, 31 (3), 241-253 (résumé en ligne).

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[Lire ce billet du RIRE]

Dernière modification : 9 octobre 2013.

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