Une étude de la Caroline-du-Nord révèle que les enfants défavorisés ne tirent pas profit d’un ordinateur à la maison

téléchargement (5)Texte traduit et adapté de Children with home computers likely to have lower test scores, publié sur le site de EurekAlert! le 18 juin 2010.
Partout dans le monde, on a cherché des moyens pour éliminer la fracture numérique en garantissant l’accès universel à l’informatique à domicile et, dans certains cas, en donnant accès à un service Internet haute vitesse. Toutefois, des chercheurs de l’École Sanford de politique publique de l’Université Duke (Caroline-du-Nord) ont trouvé que ces efforts creuseraient en réalité l’écart en mathématiques et en lecture, surtout chez les enfants défavorisés.

Les élèves qui ont participé à l’étude de la 5e à la 8e année, dont particulièrement ceux issus de familles défavorisées, ont eu tendance à obtenir des résultats plus faibles à partir du moment que ces technologies sont arrivées dans leur maison.

Les chercheurs Jacob Vigdor et Helen Ladd ont analysé les réponses des élèves à des questions se rapportant à l’utilisation des ordinateurs qui ont été tirées de l’épreuve standardisée (EOGs) de la Caroline-du-Nord. Les élèves ont indiqué à quelle fréquence ils utilisaient un ordinateur à la maison pour les devoirs, pour regarder la télévision ou pour s’adonner à la lecture récréative. L’étude s’est déroulée de 2000 à 2005, période pendant laquelle l’accès aux ordinateurs personnels et à Internet haute vitesse s’est considérablement élargi dans l’État.

De l’avis du chercheur, son étude se démarque d’autres recherches menées sur le sujet, notamment parce que l’échantillon comportait plus de 150 000 élèves. Ces données ont permis aux chercheurs de comparer les résultats en lecture et en mathématiques aux mêmes épreuves, avant et après que les élèves aient eu accès à un ordinateur à la maison. De plus, les chercheurs ont pu comparer leurs résultats aux élèves qui avaient déjà un ordinateur à la maison en 5e année et à ceux qui n’en ont pas eu avant la fin de l’étude. Ils ont trouvé des effets négatifs « modestes, mais significatifs » sur les résultats en lecture et en mathématiques.

« L’étude s’est terminée en 2005, alors que nous n’étions pas encore entrés dans la génération Facebook et Twitter, souligne Vigdor. La technologie était beaucoup plus primitive que cela. Le logiciel de messagerie instantanée (MSN, Skype) était populaire à l’époque et puis ça a fait boule de neige. Les adultes peuvent considérer la technologie comme un outil de productivité d’abord et avant tout, mais les enfants ne partagent pas cet avis. Les jeunes de 11 à 13 ans utilisent pour la plupart des ordinateurs pour socialiser (davantage les filles) et pour jouer à des jeux (davantage les garçons) », ajoute Vigdor.

Les chercheurs ont conclu que les ordinateurs à la maison sont plus bénéfiques dans les foyers où le contrôle parental est plus efficace.

Dans les ménages défavorisés, les parents sont moins susceptibles de superviser les enfants pendant qu’ils utilisent l’ordinateur et de les guider vers des usages éducatifs.
Jacob L. Vigdor, Helen F. Ladd (2010). Scaling the Digital Divide: Home Computer Technology and Student Achievement. The National Bureau of Economic Research, no 16078 (juin 2010) [en ligne].

À lire sur un sujet similaire

Les apprenants du nouveau millénaire sont-ils technologiquement à la hauteur? Résultats du PISA 2006

Grâce aux données du PISA, une nouvelle forme de fracture numérique a été identifiée: celle qui existe entre ceux qui possèdent les compétences nécessaires pour bénéficier de l’utilisation d’un ordinateur et ceux qui ne les ont pas. Ces aptitudes et ces compétences sont étroitement liées au capital économique, culturel et social de l’élève.

[Lire le billet du RIRE]

Dernière modification : 19 novembre 2014.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote actuellement)

Il n’y a aucun commentaire présentement.

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)