Les jeunes adultes d’aujourd’hui moins empathiques que ceux d’il y a 20 et 30 ans

Texte traduit et adapté de Empathy: College students don’t have as much as they used to, publié sur le site de l’Université du Michigan le 27 mai 2010.
Les étudiants qui fréquentent les universités aujourd’hui ne sont pas aussi empathiques que ceux qui les ont fréquentées entre 1980 et 1990, selon une étude de l’Université du Michigan. L’étude, présentée à Boston lors de la réunion annuelle de l’Association for Psychological Science, analyse des données sur l’empathie recueillies auprès de 14 000 étudiants au baccalauréat au cours des 30 dernières années.

« Nous avons trouvé la plus forte baisse d’empathie après l’an 2000, affirme Sara Konrath, chercheuse à l’Institut de recherche sociale de l’Université du Michigan. Les jeunes d’aujourd’hui témoignent 40 % moins d’empathie que leurs homologues d’il y a 20 ou 30 ans, selon les données recueillies grâce à des tests standardisés pour ce trait de personnalité. »

Konrath a dirigé cette méta-analyse en combinant les résultats de 72 études menées auprès d’étudiants étasuniens entre 1979 et 2009.

Comparativement aux étudiants de la fin des années 1970, l’étude a montré que les étudiants d’aujourd’hui sont moins susceptibles d’être en accord avec des énoncés tels qu’ Il m’arrive de tenter de comprendre mes meilleurs amis en imaginant comment les choses se présentent de leur point de vue et J’éprouve souvent de la tendresse et de l’empathie envers des personnes moins chanceuses que moi.

Au cours d’une analyse connexe mais distincte d’échantillons représentatifs, Konrath a trouvé que les participants constatent des changements chez leurs pairs sur le plan de la bonté et de l’entraide sur la même période de temps.

« Beaucoup de gens considèrent le groupe actuel d’étudiants, parfois appelé “Génération du Moi”, comme l’un des plus égocentriques, narcissiques, compétitifs, confiants et individualistes de l’histoire récente », observe Konrath.

« Il n’est pas étonnant que cette différence grandissante du Moi soit accompagnée d’une dévaluation des autres », poursuit Edward O’Brien, chercheur qui a collaboré à l’étude de Konrath.

Les jeux vidéo et les réseaux sociaux à blâmer?

Pourquoi l’empathie est-elle en baisse chez les jeunes adultes? Konrath et O’Brien pensent que plusieurs facteurs pourraient expliquer cet écart. Ils espèrent les explorer lors de futures recherches.

« L’augmentation de l’exposition aux médias au cours de cette période pourrait être un facteur, a déclaré Konrath. Comparativement à il y a 30 ans, l’Américain moyen est maintenant exposé à trois fois plus d’informations non reliées au travail. Cette génération d’étudiants a entre autres grandi avec les jeux vidéo. Un nombre croissant de recherches, dont celles de mes collègues de l’Université du Michigan, montrent que l’exposition aux médias violents rend les personnes indifférentes à la douleur des autres. »

Selon O’Brien, l’augmentation récente de la popularité des réseaux sociaux peut également jouer un rôle dans la baisse de l’empathie.

« Le fait d’avoir « des amis en ligne » pourrait rendre les gens plus susceptibles de simplement faire la sourde oreille quand ils n’ont pas envie de répondre aux problèmes des autres, un comportement qui pourrait se transposer hors ligne », pense-t-il.

« Ajoutez à ce comportement une atmosphère hypercompétitive, des attentes élevées relatives au succès, la popularité des téléréalités et vous avez un environnement social qui va à l’encontre de l’attitude à adopter pour écouter quelqu’un qui a besoin d’un peu de sympathie. »

« Les étudiants d’aujourd’hui peuvent être tellement occupés à se soucier d’eux-mêmes et de leurs propres problèmes qu’ils n’ont pas le temps d’éprouver de l’empathie pour les autres ou, du moins, peu de temps à leur consacrer », conclut O’Brien.

Dernière modification : 19 novembre 2014.

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