L’obtention d’une récompense immédiate agit comme les médicaments chez les personnes atteintes de TDAH

téléchargement (15)Texte traduit et adapté de Behavioural rewards ‘work like drugs’ for ADHD, publié sur le site de BBC le 18 avril 2010.
Le cerveau des enfants atteints du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) répond aux récompenses immédiates de la même manière que les médicaments, concluent des chercheurs de l’Université de Nottingham.

L’équipe de recherche a mesuré l’activité cérébrale chez des enfants pendant qu’ils jouaient à un jeu sur ordinateur. Le jeu récompensait les jeunes joueurs en leur offrant des points supplémentaires lorsqu’ils adoptaient un comportement moins impulsif.

Les résultats de cette recherche, publiés dans Biological Psychiatry, pourraient se traduire par la diminution des doses de médicaments comme le Ritalin prescrites pour les cas sévères.

Le TDAH peut conduire à des problèmes de comportement qui peuvent se manifester par des actions impulsives, de l’impatience et une incapacité à maintenir son attention. Ce trouble peut nuire aux progrès scolaires et sociaux d’un enfant.

Des stimulants comme le Ritalin peuvent être prescrits aux personnes qui ont des symptômes sévères du TDAH. Ces médicaments agissent sur des parties du cerveau associées à l’attention et au comportement.

La thérapie comportementale est aussi suggérée. Les parents sont souvent invités à essayer d’influencer directement les actions de l’enfant en récompensant ses comportements positifs. Cependant, si l’enfant se comporte mal, les parents doivent veiller à ce que l’enfant subisse des conséquences négatives.

L’immédiateté de la récompense

La recherche a montré que, contrairement à des enfants qui n’ont pas de TDAH, ces mesures incitatives et dissuasives fonctionnent bien seulement si elles sont mises en œuvre sur-le-champ, mais sont inefficaces si l’enfant les reçoit plus tard dans la journée ou pendant la semaine.

L’équipe de Nottingham a souhaité examiner les effets de cette thérapie comportementale dans le cerveau de l’enfant. Les enfants qui ont participé à l’étude ont reçu un jeu vidéo qui consiste à « attraper » des extraterrestres d’une certaine couleur, tout en évitant d’attraper des extraterrestres de couleurs différentes. Le jeu a été conçu pour tester la capacité des enfants à résister à l’envie (à l’impulsion) d’attraper des extraterrestres d’autres couleurs.

Pour tester si les récompenses ont un impact sur le comportement des participants, on a créé deux variantes du jeu. Dans la première, le joueur reçoit le quintuple des points pour avoir capturé un extraterrestre de la bonne couleur. Dans la seconde, on retranche au joueur le quintuple des points quand il a attrapé un extraterrestre de la mauvaise couleur.

Des doses plus faibles de médicaments

L’activité cérébrale des participants a été mesurée au moyen d’un électroencéphalogramme (EEG).
Les chercheurs ont constaté que la promesse d’une récompense (obtenir le quintuple des points) a aidé les enfants à avoir de meilleures performances au jeu, mais pas dans la même mesure qu’une dose normale de Ritalin.

Toutefois, l’EEG a révélé que le médicament de la même manière que la récompense ont « normalisé » l’activité du cerveau dans les mêmes régions.

Le professeur Chris Hollis, qui a dirigé la recherche, affirme que la combinaison des médicaments et des mesures incitatives produit de meilleurs résultats. Cela pourrait signifier que les enfants atteints du TDAH pourraient prendre des doses plus faibles de médicaments tout en maintenant le contrôle de leur comportement.

« Bien que les médicaments et la thérapie comportementale semblent être deux approches très différentes pour le traitement du TDAH, notre étude montre que ces deux types d’intervention peuvent avoir beaucoup de points communs en termes d’effets sur le cerveau, croit le chercheur. Les deux participent à normaliser des composantes similaires du fonctionnement cérébral et à améliorer le rendement. »

Toutefois, Hollis concède qu’il n’est pas toujours pratique d’utiliser la thérapie comportementale.

Nous savons que les enfants atteints du TDAH répondent disproportionnellement moins bien à une récompense retardée. Cela pourrait signifier que dans le « monde réel » de la classe ou à la maison, les effets neuronaux des approches comportementales utilisant le renforcement positif et les récompenses peuvent être moins efficaces.

Madeleine J. Groom, Gaia Scerif, Peter F. Liddle, Martin J. Batty, Elizabeth B. Liddle, Katherine L. Roberts, John D. Cahill, Mario Liotti, and Chris Hollis (2010). Effects of Motivation and Medication on Electrophysiological Markers of Response Inhibition in Children with Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder. Biological Psychiatry, vol. 67, no 7 (avril 2010) (lire l’article en ligne ou le télécharger [PDF 712K])

À lire sur le même sujet

Motivation et TDAH : le système de récompense du cerveau serait en cause

« Depuis longtemps, on pense que le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est le résultat de variations cérébrales qui affectent l’attention et les processus cognitifs. Récemment, des chercheurs de l’Université Autonome de Barcelone et de l’Hôpital universitaire de Vall d’Hebron ont découvert chez des jeunes atteints de TDAH des anomalies dans le système de récompense du cerveau qui sont liées aux circuits neuronaux de la motivation et de la satisfaction. »

[Lire ce billet du RIRE]

Dernière modification : 19 novembre 2014.

Partager sur les réseaux sociaux :

Contribuez à l'appréciation collective
Cette information est-elle utile à votre pratique ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (5 votes, moyenne: 3,40 sur 5)

Il n’y a aucun commentaire présentement.

Écrire un commentaire

Politique éditoriale des commentairesPolitique éditoriale des commentaires

Le RIRE invite les internautes à laisser leurs commentaires qui contribuent à la réflexion et ainsi enrichissent le réseau. Dans cette optique, le RIRE s'est doté d'une politique éditoriale des commentaires :

  1. a. Les commentaires doivent être écrits dans l’une des deux langues officielles (Canada), soit le français ou l’anglais.
  2. b. Les commentaires doivent se faire dans le respect des personnes et la diversité des opinions.
  3. c. Les commentaires haineux ou disgracieux seront supprimés.
  4. d. Les écarts langagiers et les propos malveillants ne sont pas tolérés.
  5. e. La publicité est interdite.
  6. f. La publication d’hyperliens vers d’autres sites est autorisée si ces sites respectent la politique éditoriale des commentaires.
  7. g. Les administrateurs du RIRE peuvent modifier en tout temps leur politique éditoriale des commentaires.

Le Réseau d’information pour la réussite éducative (RIRE) diffuse de l’information susceptible de répondre aux besoins des acteurs de la réussite éducative. Cette information est repérée grâce aux activités de veille du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)