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Écart entre les garçons et les filles à l’école : deux études mettent en évidence les besoins des garçons

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Texte adapté et traduit de l’anglais de New Studies Highlight Needs of Boys in K-12, Higher Education, publié sur le site Science Daily le 31 janvier 2010


Selon deux articles publiés par Judith Kleinfeld de l’Université de Fairbanks en Alaska, les garçons souffriraient plus de problèmes de santé mentale que les filles, en plus d’obtenir des résultats scolaires inférieurs et d’être moins nombreux qu’elles à fréquenter les établissements d’études postsecondaires.

Les conclusions des études, récemment publiées dans la revue Gender Issues, montrent que le taux de suicide, les troubles du comportement, les troubles affectifs, le décès prématuré et la délinquance juvénile sont plus fréquents chez les garçons que chez les filles. Les garçons auraient aussi de moins bonnes performances scolaires et accéderaient en moins grand nombre aux études postsecondaires.

Le premier article, « The State of American Boyhood », dresse le portrait des garçons étatsuniens sur le plan des résultats scolaires, de la santé mentale et sociale. La conclusion du rapport : il n’y a ni crise chez les filles ni chez les garçons. « On dira plutôt que les garçons et les filles souffrent de différents types de problèmes », écrit Kleinfeld, en notant au passage qu’on observe chez les filles des taux plus élevés de dépression, de tentatives de suicide et de troubles alimentaires. « Les écoles doivent être attentives aux difficultés des filles et des garçons et rapporter ces problèmes à l’attention des familles, des enseignants et des professionnels de la santé mentale. »

À l’école, les difficultés rencontrées par les garçons sont pourtant beaucoup plus graves que celles les filles, soutient la chercheuse. L’écart en lecture et en écriture des filles et des garçons à la fin de l’école secondaire, par exemple, est beaucoup plus grand que l’écart qui a toujours prévalu entre les genres en mathématiques et en sciences. Aux États-Unis, plus de 25% des hommes qui ont un diplôme du secondaire ne peuvent pas comprendre un article de journal, comparativement à environ 10% des femmes.

Pour la deuxième étude, « No Map to Manhood: Male and Female Mindsets Behind the College Gender Gap », Kleinfeld s’est appuyée sur des entretiens approfondis avec 99 finissants de la région de Fairbanks, ainsi que sur des statistiques nationales sur la fréquentation d’établissements postsecondaires. La chercheuse voulait par cette étude éclairer la raison pour laquelle les garçons sont moins susceptibles que les filles à poursuivre des études postsecondaires.

« Les hommes qui n’ont pas fait d’études postsecondaires sont beaucoup plus vulnérables au chômage et les salaires des hommes sans une éducation collégiale sont en chute libre », affirme Kleinfeld.

Grâce à ses entretiens, Kleinfeld a trouvé plusieurs raisons qui expliquent pourquoi les garçons sont moins enclins à aller au collège. Certains pensaient par erreur qu’ils pouvaient gagner un salaire élevé sans formation postsecondaire, parce qu’ils préféraient être payés pour un travail que de payer pour être formés. D’autres avaient une connaissance limitée du marché de l’emploi et une conception peu élaborée de la vie d’une personne appartenant à classe moyenne. Plusieurs participants de l’étude ont déclaré qu’ils n’aimaient simplement pas l’école et ne voulaient plus y retourner.

Ces entretiens ont également montré que les élèves du secondaire, les garçons et les filles, stéréotypent les garçons. La chercheuse note que lorsqu’elle a demandé aux étudiants d’expliquer l’écart entre les sexes en éducation, leurs explications étaient centrées sur trois thèmes : les jeunes hommes sont paresseux, ils ne planifient pas leur travail et ils sont sujets à subir la pression des pairs. « Les garçons gagneraient à ce qu’on leur témoigne du respect », a déclaré Kleinfeld. Ces stéréotypes négatifs peuvent faire diminuer encore plus la réussite scolaire des garçons. »

La chercheuse espère que ses travaux actuels permettront d’avoir une meilleure idée des raisons pour lesquelles les garçons sont en difficulté. Sa plus récente étude se concentre sur les pressions exercées sur les hommes dans la société américaine et sur les nouveaux concepts de la masculinité.

Addenda | 4 février 2010

En réponse à la question de M. Lévesque, l’article expose les résultats d’une recension d’écrits sur la réussite des garçons américains depuis les années 1990. Pour ce qui est des corpus et des échantillons analysés par la chercheuse, plusieurs occurrences dans l’article permettent de croire que les données sont issues d’échantillons nationaux. En voici quelques exemples :

« I have analyzed gender gaps on the National Tests of Educational Progress at the level ‘‘below basic,’’ since these students are unprepared for most occupations, and among students who achieve at the ‘‘proficient and advanced levels,’’ who are prepared for postsecondary education and for participation in the knowledge economy » (p. 117)

« On the 2007 SAT, the College Board [10] reported that females scored higher in writing (females, 500; male, 489) while males scored considerably higher in mathematics (females, 502; males, 533). » (p. 119)

« The most useful source of information on sex differences in students’ grade point average is the High School Transcript Study [38] which examines grades at the end of high school for a nationally representative sample of 26,000 high school graduates. » (p. 120)


Kleinfeld, Judith (2009). No Map to Manhood: Male and Female Mindsets Behind the College Gender Gap. Gender issues, vol. 26, no. 3, pp. 171-182, disponible en ligne.

Kleinfeld, Judith (2009). The State of American Boyhood. Gender issues, vol. 26, no. 2, pp. 113-129, disponible en ligne.

Dernière modification : 23 mars 2010.

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2 commentaires

  1. Est-ce que les élèves de l’Alaska représentent bien les élèves américains? Les extraits disponibles sur le site référé par vos hyperliens présentent peu d’informations sur l’échantillon utilisé dans le cadre de cette étude.

    Je crois que les habitudes de vie des résidents de l’Alaska ne sont pas typiques de la population en générale. Un regard sur les élèves de cette région n’aurait donc qu’une application limité.

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  2. Il est toujours pertinent de jeter un regard critique au contexte d’une recherche, et plus particulièrement à l’entendue des sujets étudiés. Dans le cas de différences entre garçons et filles qui ne soient pas spécifiquement d’ordre biologique, la remarque s’applique à toute étude, qu’elle provienne de l’Alaska, de la France ou de la Finlande. Par conséquent, l’interprétation des résultats exige une certaine prudence.

    Cela dit, l’information dont nous disposons laisse entendre que la chercheure n’a pas limité ses recherches aux seuls résidents de l’Alaska, du moins pour la seconde étude. Nous tâcherons d’obtenir copie de la première étude pour obtenir plus d’information en réponse à votre excellente question.

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