Quand faut-il fermer une école en cas d’épidémie de grippe ?

téléchargementTexte traduit de l’anglais de When should trigger a school shutdown, publié sur le site Eurekalert le 4 novembre 2009.


L’analyse de données en provenance du Japon propose un protocole à suivre pour les écoles.

À l’approche de la saison de la grippe, certains parents commencent à envisager des fermetures d’école. Mais à quel stade de sévérité d’une épidémie d’influenza doit-on fermer une école? Une étude conduite par les épidémiologistes John Brownstein, PhD et Anne Gatewood Hoen, PhD du Children’s Hospital Boston Informatics Program, en collaboration Asami Sasaki de University of Niigata Prefecture (Niigata, Japan), a analysé des données dans le but d’aider les écoles et les organismes gouvernementaux à prendre une décision. L’étude a été publiée dans le numéro de novembre 2009 intitulé Emerging Infectious Diseases par le Centers for Disease Control and Prevention.

« Actuellement, de nombreuses écoles des États-Unis ne disposent pas de grilles spécifiques ni cohérentes pour décider de fermer ou non », affirme Brownstein. « Elles n’utilisent pas toujours des données quantitatives et elles risquent de prendre une décision politique ou inspirée par la peur plutôt qu’une décision fondée sur des données » .

Sasaki, Hoen et Brownstein ont analysé des données sur l’absentéisme dû à la grippe d’un district scolaire japonais qui compte 54 écoles élémentaires. En étudiant quatre saisons consécutives de grippe (2004-2008), les chercheurs se sont demandé quel modèle d’absentéisme serait le meilleur pour déterminer quand on devrait fermer une école, tout en considérant les avantages pratiques de garder l’école ouverte, si possible.

« On veut fermer une école avant d’avoir atteint le sommet épidémique pour prévenir la transmission du virus, mais on ne veut pas fermer une école inutilement », explique Brownstein. « Nous voulions aussi un barème qui n’est pas trop complexe, qui pourrait être facilement appliqué par les écoles. »

On a établi que le seuil épidémique dans une école est atteint lorsque plus de 10 % des élèves sont absents une même journée pour cause grippale. Après avoir comparé plus de deux douzaines de scénarios possibles de fermetures d’école, l’analyse a suggéré trois scénarios optimaux :

  1. 1. Un taux d’absentéisme de 5 % pendant une seule journée
  2. 2. Un taux d’absentéisme de 4 % ou plus sur deux jours consécutifs
  3. 3. Un taux d’absentéisme de 3 % ou plus sur trois jours consécutifs

Les scénarios no 2 et no 3 montrent des résultats similaires et peuvent prédire une épidémie de grippe avec la plus grande précision (c’est-à-dire avec le moins de prédictions manquées et de « faux positifs » ). Ces deux scénarios ont donné de meilleurs résultats que le scénario d’une journée (scénario no 1 ). Les chercheurs suggèrent que le scénario n ° 2 permettrait le mieux de sonner l’alerte à l’avance, en tenant compte de la nécessité de prévenir la transmission et de la nécessité de minimiser les fermetures inutiles.

« Notre méthode donne aux administrateurs scolaires et aux organismes gouvernementaux une base pour prendre des décisions rapidement, en leur permettant de prédire l’évolution d’une épidémie en utilisant les données d’absentéisme antérieures », affirme Hoen. « Cette base pourrait être utilisée avec des données provenant d’écoles d’autres communautés afin d’établir des prédictions. Elle offre de la latitude aux autorités locales tout en leur fournissant un canevas qui repose sur des données quantitatives pour prendre des décisions. »

Le Japon constitue un bon modèle pour étudier la grippe dans les écoles, car le pays suit de près l’absentéisme scolaire causé par la grippe, fait des tests chez les élèves qui sont tombés malades et possède un historique des fermetures d’écoles partielles ou complètes pendant les épidémies. Toutefois, Brownstein tient à préciser que ces scénarios pourraient se dérouler différemment aux États-Unis, principalement parce que les élèves étatsuniens ne sont pas tenus d’être testés pour la grippe, contrairement à ceux du Japon, et, par conséquent, qu’il est moins certain que ces derniers ont  réellement contracté la grippe. De plus, le statut vaccinal des élèves était inconnu.

Au printemps dernier, pendant les premiers jours de la pandémie de grippe H1N1, le CDC (Center for Disease Control and Prevention) a recommandé d’abord une fermeture d’école pour une période de sept jours, puis une fermeture de 14 jours après l’apparition du premier cas suspect. Plus tard, alors qu’on avait une meilleure connaissance de la propagation du virus dans la communauté et de la gravité des symptômes, le CDC recommandait de ne pas fermer les écoles à moins que le taux d’absentéisme ne nuise au fonctionnement de l’école. Les lignes directrices actuelles de la CDC ne comportent pas de barème spécifique, mais précisent que « la décision de rejeter sélectivement une école devrait être faite localement » , « en collaboration avec les autorités médicales locales et l’État  » et « doit considérer les risques à garder les élèves à l’école comparativement aux perturbations sociales engendrées par la fermeture de l’école ». Lorsque la décision est prise de renvoyer les élèves à la maison, le CDC recommande de le faire pour 5 à 7 jours.

[Consulter l’article original]

Dernière modification : 10 novembre 2014.

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